je parle à l'écrit, j'écris à l'oral...

Publié le par Eveligne

IL est 8h30 quand j'entre dans l'olympia
Le temps ne passe pas..  ce soir! il y a en moi une vrai effervesssence
J'ai tellement envie de le voir comme au temps lointain de l'adolescence
enfin, c'est l'heure,9h30! sa voix résonne toujours délicate et sensuel...
En ombre chinoise,  derrière des panneaux lumineux, il arrive, on le devine , on l'imagine
Un homme, une canne , une démarche très lente mais  comme il le dit très" féline "
oui c'est lui! et le public le sait et l'acclame, un ,deux, trois, place à l'Adrénaline
 mais, moi je reste sans voix
j'avais imaginé ce corps fragilisé mais là, le voir était une réalité à avaler comme un sacré chaud et froid
 je regarde mieux et il semble si FORT sur sa canne , 
et moi, si FAIBLE sur mes deux jambes bien consolidées
Il clame une volonté hors du commun pour montrer la force qu'il a su créer pour remonter
Il parle , il rime son handicap  comme un discours pour passer le cap!
La poèsie urbaine est à lui, les rimes sont en lui, le Slam vit pour lui
Je suis bien trop loin pour croiser son regard mais ses mots s'entrecroisent dans mon esprit
et brodent, avec délicatesse, un parterre d'émotions, de sensations, de perceptions que je vis ébahie et toute  étourdie
 Banalement, il me vient juste trois mots pour ce slameur qui
m'a  vraiment conquis

merci! merci !merci!


Maintenant ,place à ses mots à lui qui  vous laisseront peut -etre un peu groggy....
allez -y , donnez votre avis!




 "... Je suis d'abord rester pensif pour comprendre cette révélation
j'ai pris une avalanche de rimes et une cascade de thèmes
je n'oublierai jamais l'année où j'ai chopé le virus
quand tu trébuches sur un hasard et que tu tombes sur un bonus
je ne sais pas si le bonheur se touche mais on l'a peut être frôlé deux ou trois fois
dans cette atmosphère  un peu louche se reflétant dans nos voix
j' oublierai pas ces coeurs ouverts de toute provenance et de tout âge
unis dans l'envie de découvrir, dans l'écoute et le partage
ces soirées où l'on se livre, ces moments où l'on se lève
des heures à user nos salives, croquer les mots jusqu'à la sève
ceux qui étaient là ne changeraient rien même si tout était à refaire
et puis en plus un texte dit , c'est toujours un verre offert
je suis toujours plein de motivation et je récidive sans façon
recherchant cette sensation qui vaut bien 700 passions
j'ai entendu des voix qui touchent comme des chorales à mon moral
depuis j'ai de l'encre plein la bouche, depuis j'écris à l'oral!"

 Extrait du  texte de grand corps malade, "j 'écris à l'oral"  tiré de son album les enfants de la ville,2008

La salle est comble!   ce soir,  il y a bien plus de 2000 personnnes ,"des gens de tout âge sont là,
des humains à égalité car  chacun est libre de  Slamer..."
Minuit-20,nous partons le coeur rempli de mots à discuter,
d'impressions à faire émerger,
de sensations à clarifier,
d'espoirs à semer...
II m'a fallu  trois semaines pour écrire ces quelques lignes,
cela prouve qu'il faut du temps pour trouver  le ton juste ..
celui de la restitutution, d'un  moment partagé avec passion...
  il ne faut rien précipiter ... laisser faire le temps qui devient  peu à peu confession,, partition, transmission;...
des mots que j'avais envie de vous confier avec conviction!



il faut aussi rendre hommage à toute son équipe et à ses talentueux musiciens :
Elie Chemali, pianiste, Feedback, batteur, percussioniste
Yakeen, guitariste, compositeur, Xavier Zolli, bassiste, contrebassiste.
et aussi à Samy ou "le comte de Bouderbala" qui nous a fait bien rire en première partie et qu'on peut retrouver en spectacle au petit théatre du gymnase. (je vous le conseille!)
son site : http://www.lecomtedebouderbala.com
et le site de grands corps malade ( voir article"la case de l'oncle Slam" déja écrit pour lui, dans mon blog )
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Publié dans invitation à penser

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M
il y a des maux qui ne se soignent que par ds mots... grand corps malade en comprend tout le sens et il est plein de courage et de poésie urbaine!!moi aussi je suis de la banlieue et je kiff vachement le slam! merci pour ce bel article pas commun sur l'homme qu'il est et sa douleur qu'il a su surmonter avec l'art des mots!à bientôt
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E
merci pour tous ces beaux commentaires qui me font rougir d'émotion, je voulais aussi rendre hommage à une personne qui me touche en littérature et qui est aussi porteur de handicap, Alexandre Jollien (j'écrirai un article dessus un jour, c'est sûr) qui montre comment grâce à la philosophie, il a pu lui aussi s'ouvrir au monde ,à ce monde qui le regardait si atrocement, bizaremment. je vous conseille de lire tous ces livres mais surtout "l'éloge de la faiblesse".continuez à m'écrire je suis fort touchée!! merci! merci! merci!
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U
fan de grand corp malade et de ce blog, bravo très belle article qui montre aussi que l'handicap n'est pas qulque chose qu'on peut ignorer, qu'il y a de la sensibilité dans cette rencontre à l'autre et tu nous en fais part de façon très subtile et touchante.merci!<br /> à plus
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I
Je n'etais pas à l'olympia, mais à travers votre lecture, pendant quelques secondes,j'ai eu la chair de poule. Merci Evelyne, pour votre génerosité et cet éphémère voyage au pays des émotions.
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C
"il faut du temps pour trouver le ton juste ..<br /> celui de la restitution, d'un moment partagé avec passion...<br /> il ne faut rien précipiter ... laisser faire le temps qui devient peu à peu confession, partition, transmission;..."<br /> <br /> Ces phrases que tu nous offres avec tant d'émotion sont d'une sagesse qui me touche particulièrement... Merci de ce partage, à travers lequel on sent que tu prends soin des autres.
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